Premier jour de la vraie vie
Ça y’ est. Depuis cet après-midi, notre voyage n’est plus planifié. En terme clair, pas
d’hôtel réservé après de longues recherches sur la toile. Donc, ce matin, 7 heures, on monte dans un minicar, qui nous amène au port, où nous attends un bateau rapide à destination de Ha Tien, à la frontière du Cambodge. De là, un autre bus (réservé la veille) nous offre nos premiers kilomètres dans le delta du Mékong. Et c’est là que j’ai compris. On est à mille lieux de la classe affaires de Vietnam Airlines. L’autobus est surbooké. L’animatrice restera debout pendant les deux heures de trajet. Mais ce n’est pas tout. La porte du dit autobus ne ferme pas. Donc, elle se tient debout, en tenant la porte entrouverte ou entre fermée, c’est selon le point de vue. Si l’autobus est bondé, la soute à bagages aussi. Nos bagages ont fait le trajet jusqu’à Chau Doc sur le toit de l’autobus. La porte, la climatisation et les amortisseurs avaient visiblement besoin d’une petite visite au garage… L’espace pour les jambes était optionnel. Le monsieur hollandais assis à côté de moi aurait eu besoin de deux places pour lui et ses jambes. Maintenant que vous avez l’image bien en tête, imaginez la nôtre quand le chauffeur immobilise l’autobus à la demande de la dame debout, pour faire grimper 5 gentils adolescents pour quelques kilomètres… Ne pensez pas qu’ils se sont postés dans l’allée. Les allées des autobus disparaissent sous des bancs repliables. Au Viet Nam, l’utilisation de l’espace est maximisée. Pour ajouter au plaisir de la promiscuité, imaginez un petit garçon surexcité, le mien, qui menace d’uriner par la fenêtre, ses sœurs, hystériques, le sommant de s’abstenir. Et moi. Prise d’un fou rire irrépressible. Incapable d’intervenir. On souhaite vraiment que personne ne parlait français dans cet autobus!
Je savais depuis mon lever que l’aventure était proche. Mais les enfants, eux, l’ont compris quand l’autobus nous a descendus dans un champ, au milieu de nulle part. Plusieurs motos, amis de l’animatrice, nous offrent gentiment de nous transporter au centre-ville moyennant quelques dollars. Trop de dollars. Exaspérés par ces entourloupettes, et ne voulant pas nous séparer sur 6 motos, avec nos sacs à dos, nous refusons leur service et nous nous élançons dans un quartier qui ne semble pas voir beaucoup de touristes.
Nos deux premiers kilomètres à pied en plein soleil ont été pénibles. Aucun taxi en vue, les festivités du Nouvel An sont interminables. Nous sommes sur la trace d’un hôtel chaudement recommandé par mon guide de voyage. Mais les joies du Nouvel An ne sont pas terminées. L’hôtel est complet, le suivant et l’autre après aussi. Il fait chaud, nous avons faim, nos sacs sont lourds, trop lourds. « Que diable allais-je donc faire dans cette galère ?» Finalement, l’histoire se termine bien. On sépare les troupes. Tout le monde s’assoit au restaurant et je pars à la recherche d’un hôtel. Vite trouvé, une chambre pour 6 personnes à 30$. Ouf! Je reviens juste à temps pour commander ma soupe au poulet et gingembre.
(Pour les p’tits détails croustillants, Marguerite a trouvé pourquoi notre hôtel ne figure pas dans mon guide… quelques coquerelles dans la douche d’Éloïse! On part demain matin, heureusement.)



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